Inès Benkritly, lauréate 2026 de Sauver la Vie, explore un nouveau lien entre endométriose et santé vasculaire.

L’endométriose est souvent perçue comme une maladie gynécologique. Pourtant, ses effets dépassent largement la sphère pelvienne. Et si cette pathologie chronique avait aussi un impact sur l’ensemble du système vasculaire, encore peu exploré ? C’est la question au cœur du projet REVISE, porté par Inès Benkritly, cheffe de clinique en chirurgie gynécologique à Université Paris Cité, lauréate 2026 du programme Sauver la Vie dans la catégorie recherche clinique.
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Mieux comprendre une maladie aux multiples visages

L’endométriose touche environ 1 femme sur 10 en âge de procréer. Elle est associée à des douleurs chroniques, une altération de la qualité de vie et, dans de nombreux cas, à des difficultés de fertilité.

Au-delà de ces symptômes, des études suggèrent un retentissement systémique, notamment avec une augmentation du risque cardiovasculaire. Ces observations restent encore mal comprises, mais pourraient être liées à des mécanismes inflammatoires et vasculaires.

Mieux caractériser ces effets est aujourd’hui un enjeu clé pour améliorer la prise en charge globale des patientes.

Observer les vaisseaux… à travers l’œil

Le projet REVISE propose une approche originale : étudier la microcirculation à partir de l’œil.

La rétine constitue en effet un modèle accessible pour analyser l’état des petits vaisseaux sanguins. Grâce à une technologie d’imagerie non invasive, l’angiographie par tomographie en cohérence optique (OCT-A), il est possible d’observer finement la structure et le fonctionnement du réseau vasculaire.

En comparant les images de patientes atteintes d’endométriose à celles de femmes sans pathologie, les chercheurs cherchent à identifier d’éventuelles altérations de la microvascularisation.

Une approche innovante et multidisciplinaire

Le projet repose sur une collaboration étroite entre les services de gynécologie et d’ophtalmologie de Cochin–Port-Royal, au sein de la Fédération Hospitalo-Universitaire FRAME.

Il combine analyse d’imagerie, données cliniques et évaluation des symptômes (douleur, qualité de vie, infertilité), afin d’apporter une vision globale de la maladie.

Encore peu explorée dans l’endométriose, cette approche pourrait permettre d’identifier des biomarqueurs précoces du retentissement systémique de la maladie.

Une nouvelle manière d’explorer la maladie

En explorant les liens entre endométriose et microcirculation, le projet ouvre une voie de recherche innovante, à la croisée de plusieurs spécialités médicales. Il s’inscrit dans une dynamique de recherche translationnelle, visant à mieux comprendre les mécanismes de la maladie pour améliorer la prise en charge des patientes.

Des perspectives pour le diagnostic et la prévention

Les résultats attendus pourraient permettre d’identifier des anomalies microvasculaires rétiniennes chez les patientes atteintes d’endométriose.

À terme, ces observations pourraient servir de biomarqueurs non invasifs pour mieux évaluer le retentissement systémique de la maladie et affiner la stratification du risque cardiovasculaire.

Une avancée qui pourrait contribuer à développer des stratégies de suivi et de prévention plus personnalisées.

Un impact concret pour les patientes

À court terme, l’étude permettra de valider la faisabilité de cette approche innovante.
À moyen terme, elle pourrait aboutir à l’identification de nouveaux outils de diagnostic.
À long terme, elle contribuera à une meilleure compréhension de l’endométriose et de ses effets à l’échelle de l’organisme.

Une démarche qui illustre pleinement l’ambition du programme Sauver la Vie : soutenir des projets de recherche capables de transformer durablement la prise en charge des patients.

Le projet en bref

Une étude incluant 100 femmes (50 patientes et 50 témoins)

Une première phase exploratoire sur 10 patientes

Une durée de 12 mois

Un objectif : identifier des biomarqueurs non invasifs du retentissement vasculaire

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