Détecter le diabète de type 1 avant l’apparition des symptômes
Le diabète de type 1 peut aujourd’hui être identifié avant l’apparition de l’hyperglycémie, grâce à la détection des auto-anticorps anti-îlots de Langerhans. La maladie évolue selon plusieurs stades précliniques, offrant désormais la possibilité d’intervenir précocement pour :
Retarder l’apparition du diabète clinique,
Éviter la survenue d’acidocétoses sévères,
Préserver la sécrétion d’insuline endogène le plus longtemps possible.
Certaines immunothérapies, comme le teplizumab, sont déjà disponibles en France en accès compassionnel pour intervenir à ces stades précoces.
Une étude pilote innovante en Île-de-France
Le projet du Dr Mifsud consiste à intégrer le dépistage préclinique du DT1 dans les parcours de soins de routine. Conformément aux recommandations des sociétés de diabétologie et associations de patients, le dépistage sera d’abord proposé aux apparentés au premier degré des personnes vivant avec un DT1, qui présentent un risque plus élevé.
Pour faciliter l’accès, l’équipe utilise un système d’auto-prélèvement à domicile sur papier buvard, envoyé ensuite par courrier pour analyse par un automate haut débit financé par le DIM-ITAC. Cette méthode réduit les déplacements à l’hôpital et les contraintes logistiques pour les participants.
Une approche pionnière en France
À ce jour, aucun programme national n’existe pour le dépistage et la prise en charge préclinique du DT1. L’introduction de codes diagnostiques CIM-10 pour le DT1 préclinique (E10.A1/A2) ouvre toutefois la voie à un remboursement futur par l’Assurance Maladie.
Le projet pilote permettra de :
Tester la faisabilité du dépistage à grande échelle,
Évaluer l’intégration dans les parcours de soins,
Préparer le futur déploiement national et la discussion autour du remboursement.
Impacts et bénéfices pour les patients
À court terme
Réduction des acidocétoses inaugurales, actuellement fréquentes chez plus de la moitié des patients diagnostiqués,
Meilleure préparation à la gestion de la maladie, avec un suivi ambulatoire progressif.
À moyen terme
Prolongation du délai avant la mise sous insuline grâce aux nouvelles thérapies immunomodulatrices,
Optimisation de la prise en charge personnalisée des personnes à risque.
À long terme
Préservation durable de la sécrétion d’insuline,
Meilleur contrôle glycémique,
Réduction des complications liées au diabète de type 1 et amélioration significative de la qualité de vie des patients.
Cette étude pilote marque un tournant majeur dans la prévention et le dépistage précoce du diabète de type 1 en France, offrant de nouvelles perspectives pour transformer le parcours de soins et favoriser l’accès à des traitements innovants.