La Pre Anne Chantry, lauréate dans la catégorie « Recherche clinique » sur la mortalité maternelle

Depuis 2016, le Prix Sauver la Vie récompense les chercheurs et enseignants de l’Université Paris Cité pour leurs projets innovants en santé. En 2024, la Pre Anne Chantry est distinguée dans la catégorie Recherche clinique pour son projet M2BAR, consacré à la mortalité maternelle chez les femmes à bas risque.
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Un changement de regard sur la mortalité maternelle

Comprendre un risque encore sous-estimé

La grossesse et l’accouchement sont le plus souvent des événements physiologiques sans complication majeure. Pourtant, en France, des complications graves peuvent survenir dans environ 1,6 % des grossesses et conduire à un décès maternel dans 10 cas pour 100 000 naissances vivantes, soit près d’un décès tous les trois jours.

Si de nombreux travaux ont déjà identifié des profils de femmes à haut risque, le projet M2BAR (Mortalité Maternelle chez les femmes à Bas Risque) propose un changement de perspective inédit : s’intéresser aux décès maternels survenant chez des femmes sans facteur de risque connu.

L’objectif est clair : mieux comprendre ces situations pour améliorer la prévention et la qualité des soins.

Une étude épidémiologique basée sur des données nationales de référence

Méthodologie du projet M2BAR

Le projet repose sur une analyse épidémiologique des données les plus récentes de l’Enquête Confidentielle sur les Morts Maternelles (2016-2018).
Sur les 272 décès maternels recensés en France pendant la grossesse, l’accouchement et jusqu’à un an après la naissance, l’équipe de recherche va :

  • Estimer la proportion de décès survenus chez des femmes considérées à bas risque

  • Décrire les profils maternels concernés

  • Analyser les causes de décès

  • Évaluer le caractère évitable de ces décès, selon l’avis d’un comité d’experts

  • Comparer ces résultats avec ceux observés chez les femmes identifiées comme à haut risque

Un projet innovant au service de la pratique clinique

Pourquoi cette recherche est-elle novatrice ?

Aujourd’hui, la majorité des recommandations cliniques et messages de prévention sont issus d’études menées auprès de femmes présentant des facteurs de risque élevés. Or, les femmes considérées à bas risque représentent la majorité des grossesses.

Le projet M2BAR met en lumière un manque important de connaissances : le niveau réel de risque chez les femmes sans antécédents particuliers reste mal connu, en France comme à l’international.

Cette recherche vise donc à produire des données spécifiques, plus adaptées à la réalité clinique quotidienne, afin d’améliorer la pertinence des messages de prévention et des parcours de soins.

Quels bénéfices pour la santé des femmes et des familles ?

Un impact à court, moyen et long terme

Les résultats du projet M2BAR pourraient bénéficier à plus de 455 000 femmes enceintes chaque année en France.

À court terme

  • Meilleure adéquation entre le niveau de risque réel et les soins proposés

  • Optimisation des messages de prévention pour les grossesses à bas risque

À moyen terme

  • Amélioration de la prise en charge en périnatalité

  • Réduction des situations à risque non anticipées

À long terme

  • Diminution de la mortalité maternelle

  • Réduction de la morbidité maternelle sévère, en amont des décès

  • Contribution à l’évolution des politiques publiques de santé périnatale

Si les résultats français sont concluants, une extension du projet à l’échelle européenne pourrait voir le jour, en collaboration avec des partenaires internationaux.

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