Sybille Vital, lauréate 2026 de Sauver la Vie, utilise la dent pour révéler les effets invisibles de la prématurité

Et si les dents pouvaient raconter les premières semaines de vie d’un enfant ? Chez les enfants nés prématurés, elles pourraient même révéler des épisodes de stress invisibles, aux conséquences encore mal connues. C’est l’ambition du projet porté par Sybille Vital et Fernando Ramirez Rossi, lauréats 2026 du programme Sauver la Vie dans la catégorie recherche clinique.
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Comprendre les effets précoces de la prématurité

Les enfants nés grands prématurés sont exposés à de nombreuses contraintes dès leurs premiers jours de vie : soins médicaux intensifs, environnement hospitalier, adaptation rapide à la vie extra-utérine.

Ces conditions peuvent entraîner des épisodes de stress et perturber certains mécanismes essentiels, notamment le fonctionnement du système circadien, qui régule les rythmes biologiques.

Mieux comprendre ces impacts précoces constitue un enjeu majeur pour améliorer leur prise en charge et leur développement à long terme.

La dent, une archive biologique unique

Le projet repose sur une idée originale : utiliser l’émail dentaire comme traceur des événements précoces de la vie.

La formation de l’émail enregistre en effet des rythmes biologiques et des épisodes de stress sous forme de lignes microscopiques. Certaines correspondent à des cycles quotidiens, d’autres marquent des événements plus intenses.

Grâce à des techniques d’imagerie avancées et d’analyse microscopique, il devient possible de reconstituer une chronologie précise des premières semaines de vie, directement inscrite dans la dent.

Une approche scientifique innovante

Le projet combine reconstruction 3D, analyses histologiques et données issues de grandes cohortes nationales.

En comparant les dents d’enfants prématurés à celles d’enfants nés à terme, les chercheurs cherchent à identifier les épisodes de stress et à les relier à des événements médicaux ou environnementaux.

Cette approche permet également d’explorer d’éventuelles perturbations du système circadien, encore peu étudiées dans ce contexte.

Une nouvelle manière d’étudier la santé précoce

Le projet s’appuie sur une collaboration entre chercheurs en santé orale, épidémiologistes et spécialistes de l’imagerie, ainsi que sur l’accès à des cohortes nationales de référence.

Vers de nouvelles stratégies de prévention

Les résultats attendus pourraient permettre d’identifier des facteurs de stress précoces associés à la prématurité et d’en comprendre les mécanismes.

À court terme, le projet contribuera à mieux caractériser les conditions de vie des nouveau-nés prématurés.
À moyen terme, il pourrait aider à adapter les pratiques de soins pour limiter ces facteurs de stress.
À long terme, il ouvre la voie à des stratégies de prévention visant à améliorer le développement et la santé des enfants.

Une démarche qui illustre l’ambition du programme Sauver la Vie : soutenir des recherches innovantes pour mieux comprendre et prévenir les risques dès les premières étapes de la vie.

Le projet en bref

40 dents analysées issues de cohortes nationales

 

Une durée de 18 mois pour comparer entre les enfants prématurés et ceux nés à terme

1 objectif : identifier des marqueurs précoces de stress

LÉGENDE : Lame mince d’une canine temporaire d’un individu nait à terme (A) et d’un prématuré (B). La ligne néonatale formée au moment de la naissance est clairement identifiée dans l’émail des deux dents. Dans l’individu nait à terme, la ligne néonatale est plus éloigne du point du début de formation de l’émail (cuspide) que dans l’individu prématuré (clés). L’écart temporel entre les deux individus peut être établi grâce aux lignes de croissance journalières dans l’émail (flèches dans l’encadré). Tous les deux individus montrent de lignes de stress après la naissance (S) fort probablement dues à des perturbations de différent degré dans le métabolisme des améloblastes (cellules sécrétrices de l’émail).

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